Lettre à MC : ça me manque.
Chère MC,
L'ambiance chaleureuse que je connaissais me manque.
Je suis dans une ville que j'aime énormément, où je me sens libre et où je me sens à ma place. Je ne me vois pas être ailleurs, mais il y a quelque chose qui me manque cruellement. L'ambiance familiale dans laquelle j'évoluais, et ce dans toutes les activités que je faisais, me manque.
J'étais dans un orchestre génial, où je me sentais à ma place, où j'étais vraiment bien et dans lequel ce que je faisais me plaisait, et j'en étais vraiment fière... J'avais des amis, là-bas, et... Je considérais ces gens comme une famille. Je ne sais pas exactement si tous ressentaient la même chose (probablement pas!), mais c'est comme ça que je me sentais face à eux. Un orchestre est en général un groupe qui doit être soudé (pas forcément en totale harmonie lorsqu'il s'agit de relations humaines, évidemment, tout le monde ne doit pas obligatoirement aimer tout le monde)... J'aimais le fait que je découvrais toujours plein de choses sur les personnes avec qui je jouais (on ne peut pas connaitre 40 personnes en deux jours...), et le fait que je connaissais par coeur certaines réactions, certaines boutades, de quelques uns, mais tout en étant toujours aussi surprise et amusée.
J'étais dans une chorale, dans une option musique, dans mon lycée. Je crois que ce sont eux qui me manquent le plus, ces deux heures de folie hebdomadaires qui me remontaient systématiquement le moral, qui me donnaient envie de rire, de sourire et de vivre à fond... Ces gens géniaux qui m'ont tellement apporté sans s'en rendre compte, et qui sont devenus "précieux" au fil du temps... Le fait d'être dans une chorale, ou dans un ensemble comme ça me manque cruellement... Cette idée d'être un petit groupe où chacun apporte sa petite pierre à l'édifice, et où chacun peut prendre du plaisir... Les découvertes musicales, les fous rires idiots, les incompréhensions, les délires constants me manquent. Les sourires, les exclamations, les petits mots drôles et sans aucun sens, et toutes ces choses que j'avais là-bas me manquent...
Ma classe d'arts-plastiques me manque. La pièce remplie d'oeuvres d'élèves que nous connaissions presque par coeur, les tabourets tournants et les chaises trop peu nombreuses me manquent. Les bêtises de certains, les blagues et l'intelligence me manquent. L'idée de faire partie d'un groupe spécial me manque un peu. Les remarques, l'aide, l'intérêt de l'enseignant me manquent, c'était quelqu'un d'absolument passionnant, et qui nous aidait tous beaucoup dans ce que nous faisions et qui nous poussait à dépasser nos limites. Les longues heures de création me manquent énormément... Je ne sais plus quoi faire maintenant.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, je ne me sens pas faire partie d'un quelconque groupe spécial. Je n'ai plus l'occasion de ressentir cette chaleur, le fait de connaître les gestes d'un chef d'orchestre, et d'avoir des repères dans la masse de gens que l'on peut croiser dans les différents établissements. La reconnaissance me manque, la fierté me manque. Ca me semble égoïste et narcissique de dire une telle chose, mais pourtant... QUi n'a pas besoin d'un peu de reconnaissance et de fierté de la part d'autres personnes ? Aujourd'hui, je me sens noyée dans la masse, une masse dont les particules n'ont aucun lien ou presque entre elles... Dans l'orchestre dont je fais partie, j'ai seulement l'impression que c'est chacun pour soi, et il ne m'apporte rien. J'ai fait partie d'un orchestre similaire, un jour, mais cela fait trois ans que je l'ai quitté et que je suis passée à autre chose. J'ai eu l'impression de régresser, en plus de perdre une sorte de famille. On pourra me dire tant que l'on voudra que je me ferai ici une famille que je serai aussi triste de quitter si j'ai à le faire un jour, mais j'attends. C'est maintenant que j'ai besoin de ma famille. J'ai quitté tout bien trop tôt, j'ai l'impression qu'il me restait tant à faire avec tous ces gens cités plus haut... La chaleur des petits ensembles me manque cruellement, dans ces grandes salles pleine de monde...
J'espère que je m'y ferai. J'espère que tout ira bien.
Maria.

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